Christine Comeau

La valse de l’échafaud

Le temps manque marque
Laisse son empreinte
Fait son emprise
Dans ma tête de bête assoiffée
Je ne rirai pas ne pleurerai pas
Ne contesterai pas
Je laisserai la métamorphose accomplir son dessein
Sur mon corps hybride

Je lâcherai prise
Me permettrai l’abandon aveugle
De l’apesanteur
La légèreté de l’être émancipé

Le temps trompe
Le temps danse danse
Agile et funeste

J’agite mon squelette tout entier
Dans la valse de l’échafaud

Tentant d’oublier ma condition
De mortelle modulée

Tentant de spiritualiser mon âme égarée
D’oublier à quel point la société m’a réglée

J’ai une pendule pendue dans le crâne

Le temps stérilise le cœur
À petit ou à grand feu
Je me consume
Par tous les bouts

Au crépuscule de ma jeunesse aérienne
Je poursuis la folle cadence
De la valse de l’échafaud

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