Christine Comeau

Inventer le pays

(English version follows)

Inventer le pays a été présenté au centre d’exposition de Val d’Or, Val d’Or, Québec, Canada, en mai et juin 2017. Crédits photo: Christine Comeau, Marc Boutin et Michèle Paquette

Le projet consiste dans l’installation d’une série de petits dômes à l’intérieur desquels sont inscrits des extraits de poèmes rédigés lors de mes déplacements. Les dômes deviennent lieux de recueillement pour le visiteur qui, lors d’une halte, est invité à s’étendre sur le dos pour lire le poème. De plus, des mocassins sont mis à sa disposition. Cette série d’actions : enlever ses chaussures, enfiler les mocassins, se pencher, entrer dans la tente, s’étendre sur le dos, et ce pour chaque dôme (un parcours poétique) construit en quelque sorte un rite de passage pour le recueillement. Une fois que le visiteur est étendu dans la tente, ses pieds, munis des mocassins sont visibles de l’extérieur et deviennent ainsi une partie de l’installation. Les gestes qui ponctuent le voyage sont en partie repris par les visiteurs qui sont amenés à partager cet espace de dépaysement poétique qui habite le nomade. Autrefois, les peuples autochtones forcés par la nordicité à être sans cesse en mouvement et à explorer un vaste territoire, devaient ressentir à travers leur communion avec la terre, une solitude aussi présente que la liberté que leur offrait le déplacement. La série d’actions posées par le participant fait aussi écho à l’aspect physique et parfois épuisant du périple. Elle rappelle également les rites de passage qui ponctuent la vie des nomades.

Les dômes sont l’écho d’un voyage. Ils représentent une halte dans le mouvement donc, mais aussi une halte de réflexion sur la mobilité ou sur l’absence de liens qui laisse flotter l’esprit sans arrimage. En effet, voyager en solitaire force l’aventurier à se recueillir et à faire un travail d’introspection. La tente, maison mobile du voyageur, est un espace pour s’arrêter et se reposer, mais aussi pour explorer sa solitude et ses liens avec la terre. Dans le long périple des anciens peuples nomades, la souffrance physique autant que le sentiment occasionnel d’isolement menaient au recueillement, au dialogue avec soi, mais aussi à une conversation avec le divin.

 Techniquement, les dômes sont fabriqués avec des tissus imperméables et des matériaux hétéroclites. Les mots sont imprimés sur du tissu et accrochés à l’intérieur des dômes. Les extraits de poèmes ont été sélectionnés en fonction de leur évocation des thèmes de la nordicité, du voyage, des contraintes physiques et mentales liées au déplacement et à la quête d’identité. Un recueil/livre d’artiste réalisé pour ce projet regroupe les poèmes en entier, des croquis et des images. Il a été édité par les Éditions FrI, à Montréal, en avril 2017.

Une performance poétique a été présentée le soir du vernissage. Je scandais ma poésie vêtue d’une combinaison de campeuse. Un des dômes a été conçu pour m’habiller et devenait une architecture portable, une tente vivante mobile dans lequel je pouvait me déplacer et interagir. J’avai au préalable créé une mise en scène. De plus, quatre volontaires, trouvés parmi les réseaux du centre d’exposition, participaient au récital. Ils étaient étendus dans les autres dômes et faisaient écho à ma voix en scandant l’extrait de poème inscrit dans leur tente respective créant ainsi un dialogue. Une trame sonore a été conçue à cet effet par le musicien David Ryshpan.

 

English explanations

Inventer le pays was presented at the Centre d’exposition de Val d’Or, Val d’Or, Quebec, Canada in may and juin 2017.

The project is about the installation of a series (5) of small domes in which will be printed on the inside top some extracts of poems written during my travels. The domes become places of contemplation for the visitor who, during a nomadic halt, is invited to lay down inside to tent to read the poem with a small flashlight. Moreover, moccasins are  available to the visitor, that will accentuate the nordic character of the installation. This series of actions: take off his shoes, put on moccasins, bending, entering the tent, laying down, for each dome (a poetic journey) built a rite of passage for contemplation. Once the visitor is laying down in the tent, his feet wearing moccasins  emerge from the dome and become part of the installation. The gestures which punctuate the travel are partly taken by the visitors who are invited to share this space of poetic expatriation which lives the nomad.

Formerly, the people autochtones forced by the nordicity to be unceasingly moving and to explore a vast territory, were to feel through their communion with the ground, a loneliness as present as freedom that displacement offered to them. The series of actions posed by the participant echoes also the physical aspect and sometimes exhausting tour. It also points out the rites of passage which punctuate the life of the nomads.

The domes are the echo of a journey, the current state of the nomad. A nomadic stop then, but also a halt of reflection on the mobility or the often missing links that let the mind float free. Indeed, traveling in solo brings the adventurer to make a work of introspection. The tent is the mobile home of the traveler, a place to stop and rest. In the long tour of the former wandering people, the physical suffering as much as the occasional feeling of insulation led to meditation, with the dialogue with oneself, but also with a conversation with the divine.

Technically, the domes are design with waterproof fabrics and eclectic materials. Textile is covering the structures which are built for this purpose. The words are printed onto textile and then fixed inside the domes.

A poetic performance was presented during the opening. I was telling my poetry dressed in a combination of camper. One of the domes was conceived to equip me and became
a portable architecture, a mobile alive tent in which I was able to move and interact. I had
created a mise en scène. Moreover, four volunteers, found among the Centre d’exposition de Val d’Or networks took part in the recital. They were wide in the other domes and will echo my voice by telling the extract of poem printed in their respective tent thus creating a dialogue. A soundtrack has been designed for this purpose by musician David Ryshpan.

Photo credits:  Christine Comeau, Marc Boutin et Michèle Paquette

 

 

Journal l’Indice Bohémien, édition de juin 2017, par Michèle Paquette, version web:

http://www.indicebohemien.org/articles/2017/05/quete-de-soi-et-recherche-de-l-enfance-au-centre-d-exposition-de-val-dor#.WWpZW4WRlRk

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